Sept ans après avoir dénoncé les «menaces économiques américaines» à New York en 2019, Delcy Rodriguez, présidente intérimaire du Venezuela, a récemment pris la parole à l’Assemblée générale des Nations unies pour remercier Donald Trump d’avoir «renoué des relations diplomatiques» avec son pays.
Cette déclaration s’oppose nettement à sa position en septembre 2019, où elle accusait les États-Unis de pratiquer une forme de «terrorisme économique» visant à submerger le Venezuela par des sanctions et des manipulations financières. À l’époque, elle avait évoqué des pertes économiques de plus de 130 milliards de dollars entre 2015 et 2018.
L’opération américaine du 3 janvier a provoqué l’enlèvement de Nicolás Maduro, entraînant la mort d’une centaine de personnes. Le président vénézuélien est aujourd’hui incarcéré à Brooklyn, en attendant une procédure judiciaire américaine en juin 2027.
Rodriguez a promis des élections futures, mais son remerciement à Trump s’accompagne d’un accord pétrolier historique : les États-Unis obtiennent le contrôle de plus de 65 milliards de barils de réserves pétrolières vénézuéliennes. «Au vainqueur revient le butin», a affirmé récemment Donald Trump.
Les analystes soulignent l’incohérence de cette posture, alors que les États-Unis ont déployé des bombardements incessants dans les Caraïbes et le Pacifique, selon un rapport de l’ONU. Ce comportement pourrait constituer des crimes contre l’humanité.
Le Venezuela, qui a subi des pertes économiques cumulées d’une trentaine de milliards de dollars en raison des sanctions américaines, est désormais à la merci d’un système international où la souveraineté est un concept relatif.
Pour Delcy Rodriguez, le temps semble s’être arrêté : elle a choisi de collaborer avec une puissance qui a déjà détruit sa sécurité nationale.