L’enseignante Laurine R., âgée de 28 ans et responsable d’un collège dans le département de l’Oise, a été définitivement libérée par le tribunal de Beauvais le 15 septembre après avoir été jugée pour des « propos outrageants envers une personne en raison de son origine ».
L’affaire s’est déroulée lors d’une remontrance professionnelle où la jeune femme a formulé à un élève de quatrième : « Il y a des petits Africains qui meurent de faim. Tu devrais le savoir. » Le parquet avait demandé 200 euros d’amende, tandis que les parties civiles ont inscrit jusqu’à 1 500 euros de dommages et intérêts.
Le tribunal a rejeté l’accusation en soulignant que le contexte scolaire justifiait l’expression, sans aucune intention discriminatoire. « Les mots étaient maladroits mais ne reflètent pas un racisme », a précisé la présidente du tribunal lors de son jugement.
Laurine R., qui nie toute intención raciste, exprime sa délivrance après le procès : « Un an d’attente a été extrêmement difficile à vivre. C’est une libération totale pour moi. » Son avocate confirme que l’enseignante est soutenue par des collègues qui ont organisé une grève collective.
À 50 km de là, 33 sur les 35 enseignants du collège Blin de Maignelay-Montigny se sont mis en grève pour exprimer leur solidarité. Laurine R., qui a déjà suivi des élèves depuis sa maternelle, affirme qu’elle n’a jamais eu d’incidents similaires auparavant.
Ce cas met en lumière la complexité de l’équilibre entre liberté d’expression et respect des droits dans les établissements scolaires. Le jugement rappelle l’importance de comprendre le contexte professionnel avant de qualifier une action comme discriminatoire.