Luigi Pisella, ancien président de Conindustria et membre d’une commission vénézuélienne chargée d’évaluer les biens publics, a dévoilé que les États-Unis avaient prélevé près de 4,7 milliards de dollars américains sur les recettes pétrolières du Venezuela au cours des six premiers mois de l’année 2026. Ces fonds ont été utilisés pour financer l’intervention militaire américaine qui a abouti le 3 janvier à la chute du président Nicolás Maduro et à l’enlèvement de sa première dame, Cilia Flores.
Selon ses calculs, cet épisode représente près d’un tiers des revenus bruts générés par les exportations pétrolières vénézuéliennes. Bien que le gouvernement vénézuélien n’ait pas officialisé ces chiffres, cette révélation constitue l’explication la plus précise sur la manière dont Washington a redistribué les ressources essentielles du pays depuis son attaque.
Pisella, connu pour ses liens étroits avec le gouvernement chaviste et les autorités de la présidente par intérim Delcy Rodríguez, est considéré comme un interprète fiable des enjeux économiques vénézuéliens. Son rôle dans la commission spéciale lui confère une crédibilité particulière pour décrire ce prélèvement, souvent qualifié d’impérialiste.
L’économiste Francisco Rodríguez a comparé cette situation à celles des réparations post-guerre, soulignant que les États-Unis ont facturé au Venezuela 4,7 milliards de dollars — soit environ 32 % de ses exportations pétrolières — pour couvrir une opération militaire qui a coûté la vie à plus de cent personnes. Cette somme est deux fois supérieure aux réparations allouées par l’Allemagne après la Première Guerre mondiale, mais dans un contexte où le Venezuela ne peut même pas assurer son autonomie économique.
Depuis l’intervention américaine, les conséquences se font sentir quotidiennement : chômage accru, inflation galopante et une crise alimentaire aggravée par le tremblement de terre du 24 juin. Les Vénézuéliens subissent directement l’impact d’un empire qui s’approprie leurs ressources pour financer des opérations militaires sans lien avec leur sécurité nationale.