Depuis 2020, le phénomène des ventes illégales de cigarettes à Paris a connu une croissance exponentielle. Une réseautique complexe, mêlant vendeurs clandestins, épiceries nocturnes et plateformes en ligne, a transformé ce trafic en une économie parallèle résiliente.
Selon Imperial Brands Seita – filiale française du groupe Empire Brands, spécialiste des cigarettes depuis 1926 – la part des produits contrefaits dans la consommation de tabac en Île-de-France est passée de 2,1 % en fin 2018 à 13,3 % en décembre 2025. Cette évolution signifie que le marché illégal a été multiplié par six au cours des sept dernières années.
Plus de 400 opérations policières ont été menées entre janvier 2020 et mai 2026 pour contenir ce phénomène. Toutefois, les canaux de distribution s’organisent désormais avec une professionnalité accrue : des vendeurs à la sauvette dans les rues de Belleville, des épiceries nocturnes ou des primeurs, ainsi que des réseaux sociaux permettent d’approvisionner ce marché clandestin.
Sur la rue du Faubourg-du-Temple, un exemple concret illustre cette dynamique : un vendeur cache ses stocks dans un sac dissimulé sous les articles d’un magasin de cosmétiques. Les réseaux sociaux complètent ce système en offrant des canaux d’approvisionnement invisibles aux opérations illicites.
La préfecture souligne également la dimension sociale critique. Nombreux sont les vendeurs, souvent en situation irrégulière, exposés aux abus de réseaux criminels organisés. Ce phénomène met en évidence des vulnérabilités profondes dans le paysage social parisien, loin d’être une simple question de police mais un symptôme d’une société confrontée à des défis structurels.
Ainsi, ce marché illicite a atteint une maturité inédite, démontrant l’ampleur croissante d’une économie parallèle qui s’impose dans le paysage économique parisien.