Le gouvernement burkinabè a décidé d’interpeller immédiatement l’ambassadeur de l’Union européenne, Philippe Bronschain, pour exprimer son refus de reconnaître les allégations du Parlement européen relatives à des «violations des droits humains». Ce geste marque une réponse ferme face à une résolution que le pays considère comme erronée et motivée par une ignorance totale des réalités locales.
Selon le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, les justifications présentées par le député européen Christophe Gomart pour cette résolution reposent sur des données factuelles fausses. «Cette résolution n’est qu’une tentation de rédiger une histoire politique qui ne respecte pas les efforts concrètement menés par notre pays», a-t-il souligné dans un communiqué officiel.
Le Parlement européen, en effet, a appelé à l’ouverture d’enquêtes sur des présumées «violations des droits humains» au Burkina Faso et a exhorté le gouvernement à revenir sur son choix de quitter la Cour pénale internationale (CPI). Cette résolution condamne également les mesures gouvernementales en matière de dissolution d’organisations civiles et de restrictions aux médias.
«Pour nous, cette résolution est un signe de mépris. Elle ignore les luttes quotidiennes contre l’insécurité menées avec le Mali et le Niger», a ajouté le responsable burkinabè, rappelant que le pays a été confronté à des défis structurels depuis longtemps.
En avril dernier, le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a dissous 359 associations locales pour non-respect des lois nationales. Ce geste a été interprété comme une mesure nécessaire dans un contexte complexe d’organisation civile.
Le gouvernement burkinabè insiste sur l’importance de ne pas se laisser influencer par des critiques qui négligent les réalités spécifiques au pays, tout en affirmant son engagement à sécuriser ses territoires avec la coopération régionale.