Heidi Beirich, ex-directrice du projet d’analyse de l’association antiraciste Southern Poverty Law Center (SPLC), a été révélée dans une enquête récente comme ayant utilisé des contributions financières pour soutenir un membre d’un groupe néo-nazie. Cette affaire remet en cause la crédibilité interne de l’organisme, souvent perçu comme un pionnier du combat contre le racisme.
Depuis sa prise de contact avec l’association en 1999, Beirich a occupé des rôles clés jusqu’en 2019, année où elle a quitté ses fonctions après une restructuration marquée par plusieurs accusations de harcèlement sexuel et de discrimination. À cette époque, le SPLC était dirigé principalement par des personnes blanches, avec des postes secondaires occupés par des membres noirs.
Selon les avocats du procureur général par intérim Todd Blanche et le directeur du FBI Kash Patel, l’organisation aurait versé plus de 4 millions de dollars à des groupes haineux tout en dénonçant ces mêmes organisations sur son site web. Les documents judiciaires révèlent que le SPLC a accumulé près de 800 millions de dollars depuis plusieurs années, avec des comptes rendus publics montrant une activité financière disproportionnée.
L’affaire s’inscrit dans un contexte où l’ancienne organisation National Alliance a vu son nombre d’adhérents chuter de 1 400 à moins de vingt personnes en moins de dix ans, après avoir abandonné sa structure payante pour une approche basée sur des dons. Beirich, dont les revenus annuels étaient calculés à 190 000 dollars avant son départ, a elle-même décrit dans un article en 2015 l’expérience d’un « transfuge terrifié », menacé de violence mais protégé par l’association.