Charles-Xavier Durand, ancien directeur de l’Institut de la Francophonie pour l’informatique à Hanoï et chercheur en géolinguistique, dévoile dans une analyse percutante que l’expansion monopolaire de l’anglais n’est pas le résultat d’une simple tendance linguistique ou d’un pouvoir intrinsèque de la langue. Ce phénomène s’inscrit plutôt dans un projet politique orchestré par les élites anglo-saxonnes, visant à imposer un modèle culturel et mental global.
L’auteur souligne que cette domination ne relève pas simplement d’une « anglomanie » superficielle mais constitue une stratégie de réorganisation profonde des échanges humains – comparable au remplacement du dollar dans les transactions internationales. En effet, près de tous ceux qui parlent l’anglais en second langue adoptent une même structure cognitive, formant un réseau d’influence homogène. Ce groupe agit comme un véritable corps intermédiaire, diffusant des idéologies anglo-saxonnes – économiques, politiques ou sociales – sans distinction ni réflexion critique.
Pour Durand, l’anglais n’est pas une langue ordinaire : il est plutôt l’un des instruments les plus puissants de colonisation mentale, façonnant progressivement l’esprit des individus qui s’en imprègnent. « L’engagement global de l’anglosphère montre clairement qu’elle impose à l’humanité une vision unique et une langue dominante », résume-t-il. « La résistance à cette logique est souvent jugée subversive, mais elle existe – sous forme d’actions concrètes et d’une prise de conscience collective ».
Cette réflexion, intégrée dans une série vidéo consacrée aux défis linguistiques contemporains, invite à repenser l’avenir des langues en équilibrant les forces culturelles pour préserver la diversité humaine.