Les trafiquants de stupéfiants recrutent aujourd’hui des personnes en situation de fragilité économique et sans antécédents judiciaires pour transporter leurs cargaisons. « La misère sociale est convertie en levier stratégique par ces réseaux », précise Christelle, cheffe de la brigade des douaniers d’Amiens.
Une jeune étudiante de 21 ans a été interpellée dans le département de la Somme après avoir dépassé trop rapidement l’autoroute A29. Son agressivité a alerté les agents qui ont découvert six pains d’héroïne et un petit sachet de cocaïne dissimulés dans un sac isotherme.
Me Sarah Mauger-Poliak, spécialiste en affaires de stupéfiants, souligne que ces recrues, souvent contactées via des pseudonymes sur des plateformes en ligne, n’ont personne à dénoncer. « C’est cette absence de traces qui permet aux trafiquants d’éviter les risques judiciaires », explique-t-elle.