Les États-Unis ont adopté une mesure décisive en classant le Comando Vermelho (CV) et le Primeiro Comando da Capital (PCC), deux des plus grands groupes criminels brésiliens, dans la catégorie des organisations terroristes. Cette décision, annoncée par le secrétaire d’État Marco Rubio, constitue une nouvelle étape dans l’escalade des tensions entre Washington et Brasilia.
Officiellement, cette action s’inscrit dans un cadre de lutte contre la criminalité transnationale. Cependant, les experts soulignent que son impact réel va bien au-delà, en renforçant la capacité américaine à imposer des sanctions, à geler des comptes et à exercer une pression sur les institutions financières brésiliennes.
Le Brésil, qui a déjà rejeté de telles classifications lors d’une demande similaire en 2025, s’est opposé à cette décision pour des raisons économiques. Le procureur Lincoln Gakiya a prévenu que la désignation pourrait compliquer les efforts du pays dans sa lutte contre le crime organisé.
Cette situation s’inscrit également dans un contexte géopolitique plus vaste : le Brésil, membre clé du BRICS et acteur majeur de l’économie sud-américaine, fait face à une pression accrue pour réduire son dépendance aux systèmes monétaires américains. L’infrastructure financière nationale, en particulier le système Pix, risque d’être ciblée.
Les analystes craignent que cette action ne soit un signe de la volonté américaine à affaiblir l’autonomie économique brésilienne. Le système Pix, déjà une réussite dans la réduction des dépendances externes, pourrait être mis en péril par des sanctions spécifiques.
En outre, les comparaisons avec le Venezuela sont fréquentes : l’opération menée aux États-Unis en janvier 2026 pour capturer Nicolas Maduro a été utilisée comme un précédent. Cependant, le Brésil, en tant que pays économique majeur et membre clé du BRICS, ne présente pas les mêmes vulnérabilités.
Pour autant, une pression économique directe semble plus probable que toute intervention militaire. Les États-Unis peuvent exercer une influence accrue sur les systèmes financiers brésiliens sans recourir à des mesures armées.
La situation actuelle souligne la nécessité pour le Brésil de développer des mécanismes de protection économique et de résistance face à cette nouvelle phase d’engagement géopolitique. La souveraineté financière brésilienne reste donc un enjeu crucial pour l’équilibre global.