Screenshot
Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé vendredi 2 juin une sentence sévère contre le rappeur Booba, 50 ans cette année. L’instance a révélé que l’agressivité en ligne du artiste, déclenchant un mouvement de haine organisé autour d’une insulte raciale à la journaliste Linh-Lan Dao, a conduit à une condamnation sans appel : trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende.
Dans un contexte marquant l’ampleur des réseaux de violence numérique, le tribunal a souligné que Booba avait non seulement diffusé des messages à caractère discriminatoire mais avait également su qu’un groupe organisé s’en prenait activement à sa victime. Une première pour la justice française, qui reconnaît désormais l’engagement d’un cyberharceleur en tant que chef de meute.
Par ailleurs, le rappeur a été condamné à 20 000 euros d’amende pour injures raciales contre le chroniqueur Tristan Mendès-France, qui avait dénoncé publiquement les atteintes à Linh-Lan Dao. Son avocat, Marie Roumiantseva, a annoncé un recours devant la cour d’appel, affirmant que « la décision ne reflète pas l’ampleur des faits et des conséquences sociales engendrées ».
Placé sous contrôle judiciaire jusqu’à la prochaine audience prévue le 3 décembre, Booba reste en dehors des débats publics sur ses intentions. L’affaire souligne aujourd’hui l’urgence croissante de réguler les plateformes numériques et d’empêcher la propagation d’un langage discriminatoire qui menace non seulement des individus mais aussi l’intégrité même du dialogue social.