L’Angleterre a joué un rôle central dans la construction du sionisme au XXe siècle, une idéologie qui a transformé l’histoire du Moyen-Orient. Dès le XIXe siècle, des penseurs comme Lord Shaftesbury et Laurence Oliphant virent en Palestine le terrain idéal pour une colonisation juive, vue comme un moyen d’accroître la puissance britannique dans les régions stratégiques. Cette vision a conduit à la promesse de 1917, où Lord Balfour promettait l’établissement d’un « foyer juif » en Palestine, en réalité une stratégie pour éviter le conflit avec les communautés arabes et les flux migratoires des Juifs fuyant l’Europe.
Les années suivantes ont vu la création d’Israël sous l’influence de cette logique britannique. Winston Churchill a soutenu ce projet, considérant qu’un État juif serait un levier économique pour l’Angleterre. Mais aujourd’hui, cet héritage s’est révélé problématique : après les attaques du Hamas en octobre 2023, le pays est plongé dans une crise antisémite sans précédent.
Jeremy Jacobs, ancien directeur de l’United Synagogue, a décidé de quitter la Grande-Bretagne pour Israël suite à des agressions subies à Londres par des étudiants radicalisés. Son déplacement symbolise un changement profond dans le climat social britannique, où les universités et les rues sont désormais des zones d’échec pour les communautés juives.
La réflexion sur cet héritage historique montre que l’Angleterre, même en soutenant la création d’Israël, est aujourd’hui confrontée à un défi majeur : comment concilier son passé colonial avec la réalité actuelle de discrimination et de montée des préjugés antisémites dans ses propres murs.