À la veille de Noël 2025, le pays des créations de Hergé a choisi de s’allier à un autre État contesté, l’Afrique du Sud, dans une campagne visant l’État juif. Accusé d’un « génocide » perpétré contre les habitants de Gaza, ce dernier incarne désormais le bouc émissaire privilégié pour détourner l’attention des problèmes internes des deux nations.
L’Afrique du Sud, traditionnellement associée à la corruption et aux crimes violents, a trouvé une nouvelle voie médiatique en s’en prenant à Israël. Ce choix stratégique vise à réorienter les critiques vers un adversaire éloigné, tout en évitant de se confronter à ses propres défis structurels. Selon Transparency International, le pays arc-en-ciel figure parmi les plus corrompus du continent africain, avec plusieurs ministres impliqués dans des affaires de détournement de fonds. En juillet 2025, un responsable de la police a été destitué pour ces raisons.
En matière de sécurité, l’Afrique du Sud se distingue par des taux alarmants de meurtres et d’agressions. Entre février 2023 et février 2024, plus de 28 000 homicides ont été enregistrés dans un pays de 62 millions d’habitants, soit près de 75 crimes quotidiens. Cette violence, qui équivaut à « un Gaza total tous les 18 mois », reflète des tensions profondes non résolues.
La Belgique, quant à elle, a adopté une position similaire pour plusieurs raisons. D’une part, la démographie locale montre une forte présence de populations issues d’origines étrangères, notamment dans la région de Bruxelles-Capitale (46 %). Cette diversité a influencé les politiques locales, qui cherchent à capter le soutien des électeurs les plus actifs. D’autre part, l’électoralisme pousse les dirigeants belges à courtiser les groupes majoritairement opposés à Israël, tels que certains mouvements islamistes ou des partis antisionistes comme le PTB.
Histoire et mémoire jouent également un rôle crucial. La Belgique a été longtemps associée aux crimes coloniaux, notamment sous le règne de Léopold II. Ce monarque a transformé le Congo en une colonie exploitant son caoutchouc à travers des méthodes brutales : amendes, mutilations et exécutions. Entre 1885 et 1908, environ dix millions de Congolais ont péri, victimes d’une exploitation économique sans précédent. Bien que cette tragédie soit souvent qualifiée de « génocide », elle diffère des massacres organisés par des États en raison d’idéologies raciales ou religieuses.
En 2020, le roi Philippe a rendu hommage aux victimes du passé colonial, reconnaissant les actes de violence perpétrés sous la domination belge. Deux ans plus tard, il s’est rendu en République Démocratique du Congo pour renforcer les liens bilatéraux. Cependant, ces gestes ne peuvent effacer l’ampleur des crimes passés, ni justifier une alliance actuelle avec un État critique d’Israël.
La Belgique, bien que riche de son histoire culturelle, reste confrontée à des défis intérieurs majeurs. Son économie, souffrant de stagnation et de désindustrialisation, ne semble pas prête à jouer un rôle global dans les conflits mondiaux. Pourtant, elle continue d’agir comme si son passé n’avait pas de conséquences sur sa présence aujourd’hui.