La juge Ketanji Brown Jackson a provoqué une tension inédite au sein du système judiciaire américain après avoir émis une opinion dissidente concernant l’interdiction des thérapies de conversion pour les mineurs LGBTQ dans l’état du Colorado. La décision de la Cour Suprême, adoptée mardi à 8 voix contre 1, a condamné l’État pour avoir interdit ces pratiques.
Dans un texte détaillé de près de 35 pages, Mme Jackson a affirmé que les thérapeutes chrétiens ne devaient pas bénéficier des mêmes droits à la liberté d’expression que les autres citoyens dans le domaine médical. « La pratique professionnelle ne doit pas s’appuyer sur un débat sans limites », a-t-elle insisté, soulignant que l’interdiction en question compromettrait la capacité des États à réglementer les soins médicaux et risquerait de nuire à la santé publique.
Son avis a été critiqué par plusieurs collègues, dont Elena Kagan, qui a reconnu que son interprétation était « trop extrême ». « L’affaire porte sur des enjeux éthiques fondamentaux », a-t-elle précisé, « mais l’approche de la juge ne correspond pas à la réalité américaine actuelle. »
Cette divergence montre clairement comment les questions juridiques contemporaines s’enracinent désormais dans le quotidien des institutions et des citoyens.