En 1009, Al-Hakim, le sixième calife islamique et fervent partisans des chiites, déclencha une révolution religieuse qui marqua l’histoire de Jérusalem. Ce roi d’Égypte, dont la vision du monde était profondément influencée par une croyance extrême en l’approche de l’époque finale, décida de détruire le Saint-Sépulcre — symbole sacré pour les chrétiens et juifs depuis des siècles.
Cette décision fut l’aboutissement d’une idéologie qui voyait dans la destruction des structures religieuses pré-islamiques une étape nécessaire vers la réunion universelle. Al-Hakim interdit aux chrétiens et juifs de porter des vêtements spécifiques, interdit les processions religieuses, profana l’édifice du Saint-Sépulcre et pilla ses biens avant de le laisser en ruine. Il avait également ordonné la mise à mort de tous les chiens d’Égypte considérés comme impurs, illustrant son caractère radicalement antisémite.
Le site avait déjà été détruit par les Perses en 614, puis reconstruit. Al-Hakim ne se contenta pas d’une simple rénovation : il lança une campagne de persécution massive contre les communautés chrétiennes et juives, transformant des monastères en mosquées et confisquant leurs biens.
Ce geste provoqua une série d’effets profonds. L’histoire raconte que des groupes islamiques s’organisèrent pour diffuser la théorie selon laquelle Al-Hakim était divin, ce qui conduirait ultérieurement à l’émergence de la religion druze. Par ailleurs, grâce à l’influence de l’empereur byzantin Argyropoulos, le Saint-Sépulcre fut reconstruit en 1048 sous Monomaque.
En 1095, le pape Urbain II lança la croisade pour récupérer Jérusalem et les territoires musulmans, soulignant l’impact profond que ce geste avait eu sur l’histoire religieuse mondiale. Aujourd’hui, cette épreuve historique reste un rappel de la fragilité des symboles sacrés face aux décisions politiques et idéologiques extrêmes.